Dans son texte consacré à l’éducation aux médias et à la culture numérique, Divina Frau-Meigs, spécialiste reconnue des médias et de la société de l’information, développe une réflexion essentielle sur les nouveaux enjeux de la citoyenneté à l’ère numérique. Son approche articule pédagogie, culture, éthique et démocratie pour penser la manière dont les individus — en particulier les jeunes — doivent être formés afin de devenir acteurs critiques et responsables de l’espace numérique.
L’autrice souligne que les technologies numériques ne se contentent pas de modifier les supports de communication : elles transforment en profondeur les manières d’apprendre, d’interagir, de s’informer et de participer à la vie publique. Dans ce nouvel environnement, l’utilisateur devient un “prosommateur”, c’est-à-dire à la fois producteur et consommateur de contenus. Cette transformation appelle une nouvelle forme de citoyenneté : la citoyenneté numérique.
Pour y répondre, Frau-Meigs plaide pour une éducation aux médias et à l’information (EMI) ambitieuse, qui dépasse l’apprentissage technique des outils pour développer une véritable culture critique. Cette éducation doit permettre aux apprenants de :
- Décrypter les logiques des médias et des algorithmes,
- Identifier les sources fiables et détecter les infox,
- Comprendre les enjeux liés à la vie privée, au droit à l’image et à l’éthique de l’information,
- Produire eux-mêmes des contenus numériques, de façon responsable et créative.
Cette approche vise à forger des compétences transversales indispensables à l’exercice d’une citoyenneté active : savoir chercher, analyser, débattre, coopérer, créer. Il s’agit non seulement de défendre les valeurs démocratiques dans le cyberespace, mais aussi de renforcer l’autonomie intellectuelle et la capacité à s’exprimer dans un monde où la désinformation et les discours polarisants se multiplient.
Enfin, Divina Frau-Meigs insiste sur la nécessité de concevoir une citoyenneté numérique humaniste et inclusive. Elle appelle à des politiques éducatives ouvertes sur la participation, l’interculturalité et la co-construction des savoirs. Le numérique, selon elle, ne doit pas être un espace de contrôle ou de consommation passive, mais un terrain fertile pour l’apprentissage, le dialogue et l’engagement collectif.
En somme, ce texte constitue une invitation forte à repenser l’éducation à l’ère du numérique, en inscrivant au cœur des dispositifs pédagogiques une culture du discernement, du partage et de la responsabilité. Il rejoint ainsi les grandes préoccupations contemporaines autour de la formation du citoyen du XXIe siècle, capable de naviguer librement, mais aussi de construire du sens dans un monde numérique en constante évolution.
