La rupture de la fonction prescrite : de l’enseignant débutant à l’acteur communautaire

Les deux années de formation ont été traversées par un questionnement profond : que fais-je ici ? Est-ce réellement ma place ? Ces interrogations étaient amplifiées par des conditions matérielles difficiles, marquées par des déplacements quotidiens épuisants et une fatigue physique et mentale constante. L’entrée effective dans le métier, à travers mon affectation à Ouled Dahou — proche de mon domicile — a constitué un soulagement, mais surtout le début d’un ancrage durable dans le terrain.

J’ai alors découvert un univers professionnel singulier : une classe préfabriquée, à la fois précaire et hautement symbolique, où l’enseignant occupe une place centrale dans la vie sociale du douar. Progressivement, je suis devenu une figure de référence, investi d’une responsabilité qui dépassait largement le cadre strict de la classe. Cet ancrage m’a conduit à m’engager activement dans le milieu associatif, les formations locales et le sport scolaire et civil.

Le football, en particulier, a joué un rôle essentiel dans mon équilibre personnel et professionnel. Bien plus qu’un simple loisir, il est devenu un espace de respiration, un outil éducatif et un levier de socialisation. Pendant plus de douze années, j’ai ainsi articulé engagement communautaire, pratique sportive et exercice du métier d’enseignant. Toutefois, derrière cette stabilité apparente persistait une aspiration profonde : intégrer le corps de l’inspection, perçu comme une possibilité d’évolution intellectuelle, professionnelle et symbolique.

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